Ensemble pour l'égalité et la dignité
  juin 2017  
lumamejevesadi
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Le gouvernement actuel a-t-il l’intention de lutter globalement et efficacement contre les violences faites aux femmes ?
L’Association Démocratique des Femmes du Maroc, salue l’initiative de la Chambre des Représentants d’avoir consacré, en décembre 2012, la séance mensuelle des questions orales sur la politique générale du gouvernement aux mesures prises par l’exécutif en matière de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Dans un contexte international, marqué par les statistiques alarmantes en matière de violences faites aux femmes et dans un contexte national marqué par l’ouverture du chantier d’harmonisation des lois avec les dispositions constitutionnelles, l’ADFM note avec une grande inquiétude, à partir des réponses du Chef du Gouvernement :

1. La méconnaissance par le chef du gouvernement des différentes formes de violences dont sont victimes les femmes et qui, selon la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes sont : physiques, psychologiques, juridiques, sociales, économiques ou politiques ;

2. La remise en cause par le chef du gouvernement, de l’enquête de prévalence sur les violences faites aux femmes au Maroc, réalisée par le Haut Commissariat au Plan, et dont les résultats montrent que sur les 9,5 millions de femmes âgés entre 18 et 64 ans touchées par cette enquête, 6 millions d’entre elles, soit 62,8%, ont été victimes de différents formes de violences et que 55% de ces violences sont conjugales ;

3. Le ton ironique utilisé et la légèreté des commentaires du Chef du Gouvernement sur les statistiques découlant de l’enquête de prévalence, qui pourtant sont des statistiques officielles sur la base desquelles, le gouvernement doit en principe, mettre en place des mécanismes institutionnels et élaborer des politiques de promotion et de protection des droits des femmes ;

4. Le discours patriarcal qui met les femmes sous tutelle, les cantonne dans l’espace privé et dissout leurs droits et leurs libertés fondamentales dans des considérations de cohésion familiale dont la femme endosserait la totale responsabilité, et où l’homme ne serait, selon notre Chef du Gouvernement, qu’un simple invité « زائر ».

Dans un contexte de mise en œuvre des dispositions constitutionnelles, nos attentes envers ce gouvernement pour sa première année d’exercice, concernaient au minimum la consolidation des acquis en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, comme cela a été le cas durant cette dernière décennie à travers l’élaboration en 2002 de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes, la mise en œuvre du plan d’action opérationnel de cette stratégie en 2004, lequel a débouché sur le programme Multisectoriel de Lutte Contre les Violences Fondées sur le Genre par l’Autonomisation des Femmes et des Filles « Tamkine » en 2008 et l’Agenda Gouvernemental de l’Egalité en 2011.

L’Association démocratique des femmes du Maroc, exprime son inquiétude quant à la stagnation voire la régression des actions du gouvernement en matière de promotion et de protection des droits des femmes et appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures juridiques et institutionnelles requises pour garantir le respect, la protection et la promotion des droits humains des femmes et pour lutter contre toutes les formes de violences et de discrimination a leur égard.

Association démocratique des femmes du Maroc 28 décembre 2012