Khadija Rebbah (ADFM), coordinatrice du Mouvement du tiers : Pour une stratégie communale tenant compte
de l’approche genre
Plusieurs acquis sont à souligner en matière de l’évolution de la situation de la femme au Maroc, déclare d’emblée Khadija Rebbah, présidente de la section de Casablanca de l’ADFM et coordinatrice du Mouvement du tiers.
Concernant la participation politique, notre interlocutrice souligne la portée favorable des réformes introduites dans le code des élections portant sur la représentativité de la femme. Ces amendements ont contribué à hausser le taux de participation de la femme dans les élections à 12% bien que la formule ne soit pas claire.
Toujours sur le même registre politique, s’agissant de la charte communale, plusieurs réalisations sont aussi à noter, notamment l’instauration d’un système informatique dans les communes et la mise en place d’une stratégie communale tenant compte de l’approche genre, cheval de bataille de l’ADFM et du Mouvement du Tiers.
Autre point positif, souligne Khadija Rebbah, la mise en œuvre d’un comité du développement humain impliquant à la fois femmes et handicapés.
Un autre acquis historique est aussi à souligner, à savoir la proclamation du 10 octobre, journée nationale de la femme. Cette célébration offre l’opportunité à la fois d’ouvrir et d’élargir le débat sur d’autres questions se rapportant à la femme marocaine.
Parmi les points réalisés, et non des moindres, figure la levée par le Maroc des réserves concernant la convention internationale de lutte contre la discrimination (CEDAW). Cette décision a été saluée par l’ensemble de la société civile bien qu’elle soit partielle et n’exprime pas réellement la volonté de l’Etat de mettre un terme à la discrimination, souligne Khadija Rebbah. Car, explique-t-elle, la question de la femme est toujours traitée dans un cadre politique qui ne se traduit pas à la réalité.
Notons aussi les débats en cours portant sur le projet de loi de lutte contre la violence et qui constituent un pas important dans la voie de l’égalité.
Toutefois, beaucoup reste encore à faire, estime la militante féministe, principalement sur le plan de la représentativité féminine. Nous devons œuvrer pour l’instauration du principe du tiers dans les prochaines élections communales et donner aux femmes plus de chance pour occuper les postes de décision.
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Propos recueillis par Saâdia Alaoui et Soumia Yahia
Source : www.albayane.ma
Date : 4 janvier 2009